installation sonore - voix et sons réels - traitement et spatialisation

Durée: 5’38’’

 
L’actuel musée d’art et d’histoire de Saint-Denis occupe un bâtiment à l’histoire longue et riche.
Ce fut à l’origine, en 1625, un couvent de carmélites. Les bâtiments furent restaurés et la chapelle des carmélites construite à partir de 1780 grâce à Louise de France, une des filles de Louis XV, qui faisait partie de la congrégation. A la Révolution, les carmélites furent dispersées, le couvent transformé en caserne militaire, la chapelle en église paroissiale, puis, plus tard (en 1895) en tribunal de justice de paix. 
Actuellement, un étage du musée est consacré au Carmel ; mais il y a aussi un étage consacré à la Commune de Paris et à Louise Michel. Le couvent et la Révolution : deux mondes, deux approches de la Liberté, que tout semble opposer !
 


Cette étrange proximité a inspiré à Kumiko Iseki la pièce intitulée Les deux « Louise » : du Carmel à la Commune de Paris.  Au travers de textes historiques, de musiques, de chants, de témoignages sonores, de compositions et de traitements acoustiques, cette pièce tente de dessiner une trajectoire sonore qui va ainsi de Louise de France, la Carmélite, à Louise Michel, la figure emblématique de la Commune, de celle qui a choisi l’enfermement volontaire à celle qui  a consacré sa vie à défendre les libertés.

 
 Carmel    Carmel   Carmel

Textes (voir ci-dessous) extraits de :

Lettre de Madame Louise, 1786, in Oraison funèbre prononcée par le Père François
Lettre de Madame Louise à Louis XV, 1771, in Proyart
Journal officiel de la République Française Commune de Paris, Lundi 3 avril 1871
Louise Michel, Mémoires, Editions Sulliver, 1997

Lus par :  Véronique Boy, Julie Mondor et Héloïse Demoz

Citations musicales :

Chants Grégoriens : Universi qui te expectant, Veni Creator Spiritus, Salve Regina
Psaume149
La Danse des Bombes (Louise Michel, 1871, Michèle Bernard, 2004)
Le Temps des Cerises (Jean-Baptiste Clément, Antoine Renard, 1866)
La Commune (Georges Coulonges, Jean Ferrat, 1971)

 Sons :

Bruits de pas dans la cellule de Louise de France
Orgue de la Cathédrale Notre Dame de Paris
Bruits de foule
Cloche de l’Eglise du carmel de Montmartre
Sons divers, synthèse sonore et traitements (filtrage et étirement temporel).

 

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Citations

 

Louise de France

 « Mes sœurs, je ne saurai pas vous parler, mais, Dieu aidant, je saurai faire. 

Je voudrais n’avoir jamais été fille de Roi; il me semble qu’avec mon caractère et mes dispositions, je serais meilleure carmélite… »

(Lettre de Madame Louise, 1786, in Oraison funèbre prononcée par le Père François)

« Je vais vous dire les motifs qui m’ont engagée à quitter le monde, tout brillant qu’il pût être pour moi, …mes péché, …pour nous sauver, la nécessité de la pénitence en cette vie ou en l’autre, bien difficile dans une vie aisée, surtout aimant autant ses aises que je me les aimais, …la nécessité de l’aumône qui doit s’étendre sur tout le superflu, …. »

(Lettre de Madame Louise du 1er avril 1774, archives du carmel d’Avignon)

 
« Qu’on n’entende plus parler de moi. »                            
  (Lettre de Madame Louise à Louis XV, 1771, in Proyart)

 

La Commune
 « Décrète
Art.1er. L’église est séparée de l’état.
Art.2. Le budget des cultes est supprimé.
Art.3. Les biens dits de mainmorte, appartenant aux congrégations religieuses,   meubles ou immeubles, sont déclarés propriétés nationales.
Art.4. Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation. » 
      

« Paix et travail ! Voilà notre avenir! Voilà certitude de notre revanche et de notre régénération sociale, et ainsi comprise, la République peut encore faire de la France le soutien des faibles, la protectrice des travailleurs, l’espérance des opprimés dans le monde, et le fondement de la République universelle. »

« La Commune que nous fondons sera la Commune modèle. » 

« Le pays et le gouvernement seront heureux et fiers d’applaudir à cette révolution, si grande, si simple, et qui sera la plus féconde révolution de notre histoire. »

« Vive la République ! Vive la Commune ! »

         (Journal officiel de la République Française Commune de Paris, Lundi 3 avril 1871) 

 

Louise Michel

« Pendant tout le temps de la Commune, je n'ai passé chez ma pauvre mère qu'une seule nuit. Ne me couchant, je pourrais dire jamais, je dormais un peu d'importe où, quand il n'y avait rien de mieux à faire; bien d'autres en ont fait autant. Chacun s'est donné tout entier de ceux qui voulaient la délivrance. »

«  … la femme, cette soi-disant faible de coeur, sait plus que l'homme dire: Il le faut! Elle se sent déchirer jusqu'aux entrailles, mais elle reste impassible. Sans haine, sans colère, sans pitié pour elle-même ni pour les autres, il le faut, que le coeur saigne ou non. Ainsi furent les femmes de la Commune… »

                                                                    (Louise Michel, Mémoires, Editions Sulliver, 1997)

 

 

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Remerciements                 Hervé Pouliguen                                 Aurélien Bourdiol
                                                 
Begonia Helguera                              Musée d’art et l’histoire de Musée                    
                                                  Grégoire Bressac                               Cimetière de Lavallois-Perret
                                                  Irène Dao-Solomos                            Carmel de Montmartre

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